Une bastide qui use les pneus à sa façon
Libourne a été tracée en damier à la fin du XIIIe siècle, et son plan de bastide se lit encore aujourd'hui : des rues droites qui se croisent à angle vif, une grande place carrée bordée d'arcades, des trottoirs hauts et des places de stationnement comptées. Les jours de marché, la place Abel-Surchamp se remplit d'étals et les voitures se reportent dans les rues voisines, parfois à cheval sur une bordure. C'est là qu'un flanc pincé ou une valve fatiguée finit par lâcher.
Au bout des allées, la tour du Grand-Port surveille toujours l'Isle, quelques centaines de mètres avant qu'elle ne rejoigne la Dordogne. Les quais servent de parking à la journée pour qui travaille en centre-ville ; une batterie qui a passé une nuit froide au bord de l'eau y montre souvent ses limites au premier tour de clé. Nous venons sur le quai même, sans déplacer la voiture d'un mètre.
Côté gare, le parvis et les parkings voisins accueillent ceux qui partent vers Bordeaux ou Paris pour la journée. Retrouver un pneu affaissé au retour du dernier train n'a rien d'exceptionnel. Le fourgon-atelier rejoint la place où le véhicule est garé, répare ou remplace, et le trajet jusqu'à la maison se fait au volant de sa propre voiture.